
Ce film est basé sur l’histoire récente du Israël par l’expérience d’un Africain. En 1984, des milliers d’Africains frappés par la famine se retrouvent dans des camps réfugiés. Une opération américano-israélienne, l'opération Moïse rapatrie les Juifs noirs d’Ethiopie en Israël. Dans un camp au Soudan, une mère chrétienne pousse son fils à se déclarer juif afin du survivre. Il est adopté par une famille française à Tel-Aviv. Ni juif, ni orphelin, Schlomo doit découvrir la vérité en vivant un mensonge.
Ce film est vraiment fondé sur la notion d’identité. Le titre Va, vis et deviens donne l’indication de c’est cela qui va se passer dans le film. Il est basé sur un événement réel et historique, mais il parle d’une expérience personnelle. Tous les thèmes –racisme, féminisme, religion, problème d’origine, réussite individuelle- sont explorés pendant l’adolescence de Schlomo. Ce n’est pas seulement les niveaux du film qui sont soigneusement tissés, mais aussi la langue standard. Va, vis, et deviens est en amharique, hébreu et français - un effort joint de la France, l’Italie, la Belge et du Israël.
Comme la production de ce film est complexe, sont les personnages aussi. Schlomo est vraiment troublé par son passé. Yael, sa mère adoptée, est une mère modèle, mais elle a un secret aussi. Sarah, l’objet de son affection, est plus qu’une fille déterminée à se marier à Schlomo. Toutefois, le film a plus de succès avec le développement des personnages subsidiaires. Schlomo est autant complexe que le nombre de acteurs qui lui joue – trois.
À mon avis, le réalisateur voulait créer un documentaire personnel. La plupart de l’audience n’étaient pas un réfugie, mais tout le monde grandit et connaît l’amour, le racisme... Les problèmes auxquels le film s’adresse ne sont pas lèges, donc Va, vis et deviens n’est pas un film tout public.
Pour ceux qui les apprécient les prises de vues sont un chef-d’oeuvre eux-mêmes. Radu Mihaileanu ouvre son œuvre par une séquence proche du documentaire, avec un mélange des images d’archives. Les angles de la caméra mettent l’atmosphère et le paysage en valeur, avec l’image de la lune qui revient encore et encore pendant la jeunesse de Schlomo. La lune n’est pas la seule image répétée ; on entend la musique épique d'Armand Amar à tous les moments importants de l’histoire.
La musique n’est pas le seul élément épique, Va, vis, et deviens est une histoire terrible émouvante. Mihaileanu combine la tragédie de la guerre et la famine avec l’innocence d’un garçon. Va, vis, et deviens, les pages d’un livre d’histoire viennent à la vie. Avec son film, Migaileanu nous donne un goût de la terre promise.
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